SPICE ACTUS

INTERVIEW NATHAN & GUILLAUME – EVOLUTION SPICE

Comment le marché des épices a-t-il évolué pour spice ?

Nathan, Guillaume vous êtes spécialistes des poivre épices, et épicerie fine en général, quelle est votre analyse sur l’évolution de la demande ?

NATHAN : La demande a évolué en raison de la saisonnalité des produits, des tendances et de l’impact des émissions culinaires télévisées.

La COVID-19 a joué un rôle important, qui a incité les gens à cuisiner davantage chez eux et à acheter des produits bruts comme les épices.

GUILLAUME : En termes de contexte économique, les restaurants souffrent depuis maintenant de long mois. Les prix augmentent et le pouvoir d’achat des clients est durement impacté. Chaque Euro compte et finalement c‘est sur les produits secs et les épices que les chefs peuvent encore se faire plaisir sans mettre leur équilibre financier en danger. En effet on ne met généralement qu’une pincée de poivre ou d’épices dans un plat.

Quels sont les produits les plus commandés aujourd’hui ?

En tant qu’expert dans le domaine des poivres, des épices et des mélanges, on observe que cette spécialisation se confirme au vu des produits les plus commandés :

  • Mélange Saté
  • Mélange Cajun
  • Poivre Malabar

Quelles sont les attentes des chefs aujourd’hui ?

NATHAN : Les chefs sont constamment dans l’innovation, ce qui les amène à rechercher en permanence de nouveaux produits et des articles rares.

En ce qui concerne l’évolution de la demande chez les professionnels, elle est principalement basée sur la diversification des références produits. Et ils vont privilégier la qualité plutôt que la quantité. Les chefs tendent à acheter moins en volume, mais avec une plus grande variété dans leurs achats.

GUILLAUME : Clairement je dirais un service personnalisé. Plus on peut répondre finement au besoin du chef, à leurs contraintes aussi, meilleur on sera.

Comment s’est adapté Spice à ces nouvelles attentes ?

NATHAN : Nous approvisionnons de plus en plus de produits locavores, français et/ou bio.

Spice s’inscrit dans la tendance naturelle, sans additif et surtout basée sur des produits sains.

GUILLAUME : Sur tout l’aspect du service personnalisé que j’évoquais, nous avons développé plusieurs niveaux de service :

  • Personnalisation des contenants : nous adaptons la taille du pot au besoin du chef, de 100g à 25 kilos !
  • Personnalisation des moutures : grâce à nos moulins à meule de pierre, nous offrons 40 granulométries différentes pour concasser sur-mesure nos poivres et épices
  • Enfin personnalisation des recettes elles-mêmes ; nous réalisons sur-mesure les recettes de nos clients, pour leur éviter de stocker tous les ingrédients eux-mêmes.

Nathan, tu t’occupes de l’approvisionnement des produits

  1. Quelle est la demande qui t’a le plus surpris ?

La demande de bouteilles d’eau, ou de produits du quotidien, qu’on peut trouver partout dans le commerce. Une demande qui m’a le plus surpris, je dirai la demande de canettes de coca light de 33cl, ces demandes se font surtout par des hôtels, car les conciergeries n’ont pas le temps de s’en occuper du coup ils font appel à un fournisseur. Ensuite, il y a toujours des demandes sur des produits que je ne connais pas ou je connais mais de loin car ce sont des produits rares.

  • Quel est le produit que tu as eu le plus de mal à trouver ?

Alors c’est un produit que je ne trouve toujours pas c’est la flouve odorante, c’est une plante qu’on a beaucoup de mal à trouver.

  • Quel est le produit dont tu es le plus fier d’avoir dans le catalogue ?

Il y a beaucoup de produits dont je suis fier, je dirai la truffe fraiche parce que c’est un produit d’exception, il faut avoir un certain nombre de connaissances c’est pour cela que nous avons eu la chance de participer à la récolte de celle-ci en Italie. Après, en produits secs je dirai le safran, des produits nobles…

  • Y a-t-il des produits que tu vends en exclusivité ?

Oui, nous avons les thés gastronomiques Jean Chardin, c’est une marque que nous développons et qui est très qualitative. Cela étant, nous n’avons pas forcément de contrat d’exclusivité avec d’autres marques mais comme leurs produits sont introuvables ailleurs on les prend chez nous ce qui nous créer indirectement une exclusivité.

Guillaume, comment se démarque Spice de ses concurrents ?

En termes de produits, je dirais que nous ne sommes pas les seuls à ne travailler que de la qualité premium mais, en revanche nous sommes définitivement les seuls à proposer plus de 3000 produits répartis sur 14 familles.

Pour cette raison nous n’avons pas vraiment de concurrent capable de gérer un catalogue aussi large. Famille par famille, nous connaissons les marques fortes que nous pouvons rencontrer chez nos clients, mais au global, nous sommes les seuls à proposer ce service.

Cette offre qualité + service est vraiment ce qui fait l’identité de SPICE et sa différence.

Nathan et Guillaume, comment voyez-vous le marché des épices d’ici 2-3 ans en termes d’offre et de demande ?

NATHAN : Beaucoup plus de local, moins de poivre malheureusement au vu de leur condition de production, de leur provenance. Ce qui est intéressant pour certain de nos produits comme les baies qui n’ont pas besoin d’un climat trop chaud.

D’ici 10ans, nous proposerons de plus en plus de produits locaux comme c’est déjà le cas aujourd’hui. Ensuite, je vois l’avenir comme fleurissant car de plus de personne cuisinent avec des épices, je peux prendre l’exemple des créateurs de régime- santé qui pour apporter du gout à leurs plats font appel à Spice.

Nous avons également comme projet, la création de master class car plus le temps passe plus nous avons des demandes d’utilisations sur nos produits, il serait donc intéressant de réfléchir sur cette mise en place.

GUILLAUME : A mon avis, 2 tendances majeures émergeront sur le marché des épices : la traçabilité et la qualité.

La traçabilité d’abord, car aujourd’hui on trouve un peu tout et n’importe quoi. Les professionnels demandent -et c’est normal- de connaitre l’origine des produits et de pouvoir en vérifier la qualité, notamment en matière d’analyses microbiologique. Cette tendance va continuer à prendre de l’importance.

La qualité, ensuite, car les chefs -et les particuliers aussi- connaissent de mieux en mieux l’univers des épices, les combinaisons et les utilisations possibles. A un public plus exigeant on se doit de proposer du top et cela va devenir de plus en plus vrai à mon avis.

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